Présentation

Bienvenue dans mon petit coin personnel composé de lecture et d’écritures, deux parties importantes de ma vie.

Lectrice assidue depuis ma plus tendre enfance, je dévore les livres, qu’importe le style, ayant tout de même beaucoup de mal avec la science fiction pour le moment. Depuis quelques années, je me suis découverte une passion pour les thrillers et le fantastique, cela me sortant de mes habituels romans d’amour qui ont bercé mon enfance.

Ecrivain dans l’âme, j’ai toujours beaucoup écrit, petite les poèmes avaient ma prédilection et je conserve toujours un cahier où se retrouvent mes premiers mots. Depuis maintenant quatre ans et demi, j’ai découvert les forums rpg où je ne cesse d’écrire depuis, mêlant ma plume à d’autres exceptionnelles la plupart du temps.

Graphiste hésitante, je me plais à jouer avec The Gimp et Photofiltre pour créer des montages photos qui viennent alimenter mes écrits, créant ainsi des avatars et des bannières pour représenter mes personnages et ceux des autres. La graphisme fait parti de moi à moindre mesure que mes deux premières passions mais qui a mérité tout de même une place dans ce blog.

Voici donc comment sont rythmées mes journées en dehors de celles de travail. Plume pour l’écriture et lecture pour les livres.

Publié dans : Général | le 28 mars, 2010 |Pas de Commentaires »

Challenge des Grands Classiques

Challenge des Grands Classiques logo+grand

Challenge des Grands Classiques, organisé par Natou.

Ce challenge durera du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012.

Je m’y suis inscrite en lectrice courageuse et voici ma liste de livres.

- Stendhal « Le rouge et le noir »
- Proust « Du côté de chez Swan »
- Raymond Radiguet « Le diable au corps »
- Maupassant « Une vie »
- Flaubert « Madame Bovary » (relecture, lu il y a plus de 10 ans).
- Dumas « Le Comte de Monte-Cristo »
- Daudet « Lettres de mon moulin » (relecture, je l’ai lu il y a fort fort longtemps, je ne m’en souviens pas!!)

Vivement le 1er janvier maintenant emoticone

Publié dans : Général | le 27 novembre, 2011 |Pas de Commentaires »

« Au delà du silence » d’André Brink

Au-delà du silence, André Brink.

Merci au forum PartageLecture pour cette lecture commune de Septembre-Octobre 2011.

Résumé:

Sud-Ouest africain, début du XXe siècle. Des hommes observent, le sang chauffé par l’alcool et le désir, l’arrivée de bateaux en provenance d’Allemagne. A leur bord, des centaines de femmes engagées aux frais de l’Empire pour fournir aux colons allemands une épouse, et parfois simplement de la chair. Pour Hanna X comme pour beaucoup de ces femmes, c’est un peu le voyage de la dernière chance. Petite fille dans la grisaille d’un orphelinat de Brême, elle rêvait à ce qui se cache au-delà du silence, au pays des palmiers qui voient naître le vent. Fuyant la misère et les mauvais traitements, Hanna pense trouver en Afrique la matérialisation de ses rêves d’enfant. C’est un monde livré à la brutalité coloniale et masculine qu’elle y découvre à ses dépens. Violée, défigurée, Hanna refuse de se soumettre à la loi du plus fort. A la tête d’une armée où autochtones et femmes allemandes font cause commune contre le pouvoir des colons, la jeune femme organise une révolte, un voyage au-delà du silence imposé par la violence et l’oppression. En réunissant les éléments épars de l’identité d’une femme au destin hors du commun, Au-delà du silence donne la parole aux minorités souvent oubliées de l’Histoire. Un roman plein de bruit et de fureur, hanté par les images d’un passé peu glorieux. Un captivant plaidoyer en faveur de la liberté.

Mon avis:

Avant de donner mon avis, je remercie le forum et ses membres de m’avoir fait découvrir André Brink, auteur que je ne connaissais absolument pas.

« Au-delà du silence » est un livre vers lequel je ne me serais jamais tournée. L’époque ne me plaît pas et l’Afrique n’est pas l’endroit que je préfère pour les livres. Les récits de vie aussi violents n’ont pas ma préférence et je crois d’ailleurs que c’est un des premiers que je lis.

Tout d’abord, au cours des deux premiers chapitres, je me suis sentie mal à l’aise en lisant le livre, comme si je ne méritais pas de parcourir ces pages et de connaître cette histoire. Le sentiment de culpabilité m’a habitée, de même que la sensation d’être fautive de poser mes yeux innocents sur cette histoire. Le narrateur m’a donnée l’impression d’être une intruse au milieu de ses lignes mais j’ai passé outre ces ressentis, sans savoir pourquoi. De même, je n’ai pas tout compris le début, tous ces noms, les quelques mots allemands. Bref, un début très difficile mais ne se centrant que sur un unique chapitre, le deuxième. J’ai failli abandonner ma lecture là, ne pas vouloir en savoir plus comme le livre me donnait l’impression que je n’en avais pas le droit.

Mais comme je déteste abandonner un livre, j’ai continué…

Là, le troisième chapitre m’a ouvert les bras et j’ai plongé dans l’histoire, m’attachant curieusement au fil des pages à ce personnage non moins étrange que l’auteur nous fait découvrir au fur et à mesure, dans une chronologie chaotique.
Cette absence de chronologie permet, à mon avis, de ne pas faire une overdose de l’histoire d’Hanna, de souffler entre chaque épisode de sa vie, même si le suivant évoqué est pire que le précédent. Ne pas découvrir son passé de manière linéaire m’a rendue plus curieuse de sa vie: devant certains faits évoqués, la volonté de savoir ce qui s’est réellement passé est là et donne l’envie de continuer le livre.

Hanna est une personne très forte, avec une volonté de fer et peut être un peu d’entêtement qui va subir des épreuves toute sa vie, sa courte vie j’ai presque envie d’ajouter. Les hommes en sont la cause principale et ne vont rien lui épargner. Parfois, la succession de ce qu’elle subie est presque trop lourde à supporter, une impression d’exagération de la part de l’auteur nous prend parfois. Le désir sûrement qu’il ait un peu « abusé » pour nous choquer, nous faire réagir. Et puis l’impression s’en va et le dégoût de la gente masculine apparaît. Heureusement que tous les hommes ne sont pas fait de la même matière que ceux décrits à certains moments dans ce livre…

A travers l’histoire d’Hanna, l’auteur nous parle de sujets forts: l’amitié entre femmes, les relations homme/femme, la douleur, la mort, l’importance du physique.
Les thèmes sont mêlés, abordés les uns à la suite des autres, certains parcourant tout l’ouvrage, d’autres ne se montrant que par endroit. Le livre fait réfléchir, énormément réfléchir. La question qu’on ne peut pas ne pas se poser est: Qu’aurai-je fait à sa place?

Les sons trouvent leur place également, ayant même droit à un chapitre en entier où une phrase a retenue mon attention. Si on écoute bien, quand on le colle à son oreille, on entend tout! Pas seulement les bruits de l’autre rive du monde, mais ceux de l’autre rive de tout, et même les bruits au-delà du silence. Page 68.
Je suis très sensible au fait que les auteurs reprennent le titre de leur livre dans les pages de ce dernier. J’y ai été plus sensible cette fois-ci. « Au-delà du silence » se retrouve dans deux autres endroits du livre. L’au-delà du vent sera aussi l’au-delà du silence »=. Page 134 ; Au-delà du silence de la maison, elle reste consciente des sons vivants, mobiles, de la ville. Page 453

J’ai particulièrement aimé cette première partie désordonnée chronologiquement mais si bien ordonnancée pour inviter le lecteur à suivre le voyage d’Hanna.

La deuxième partie ne m’a pas plu, je m’y suis ennuyée, je l’ai trouvé moins intéressante. Suivre le quotidien d’Hanna dans sa haine au milieu du désert africain ne m’a pas subjuguée, bien au contraire. J’ai trouvé ça lent, redondant, avec de nombreuses répétitions (sur les différents membres du groupe, sur les étapes depuis le train, etc…)
Je ne m’attarderai donc pas sur cette partie.

Pour conclure, je suis contente d’avoir découvert ce live et de l’avoir plutôt « bien vécu ». J’avais peur qu’il ne me touche trop, qu’il m’atteigne violemment mais au final, j’ai gardé de la distance avec Hanna. Peut être trop, je ne sais pas.
Je reste sur ma faim face à la fin. J’aurais aimé que l’auteur amène sa conclusion d’une autre façon mais c’est un choix personnel.
En tout cas, je trouve le titre bien trouvé en connaissance du handicap provoqué d’Hanna.
Dernier petit bémol déjà évoqué, les mots allemands et africains non traduits dans le livre, je n’ai vu qu’en terminant le livre qu’il y avait des traductions. Pas handicapant mais gênant tout de même…

Une lecture que je ne pourrais recommander à quelqu’un ou le dissuader de le lire. Au final, je ne sais pas si ce livre m’a réellement séduite.

« Âmes brûlées » de Andrew Davidson

« Âmes brûlées » de Andrew Davidson.

Résumé:

Une nuit, alors qu’il roule à tombeau ouvert sur une route obscure, un homme perd le contrôle de sa voiture en voyant apparaître, fonçant sur lui, une nuée de flèches enflammées. Il se réveille à l’hôpital, atteint de graves brûlures sur tout le corps. Le bel étalon qu’il était est devenu un monstre, sa vie semble ruinée.

Mais tout bascule quand une inquiétante patiente du service psychiatrique commence à lui rendre visite. Elle s’appelle Marianne Engel, elle sculpte des gargouilles et elle affirme l’avoir connu au XIVe siècle, alors qu’il était un mercenaire et elle une religieuse cloîtrée. Pendant des jours et des jours, telle Schéhérazade, elle raconte l’histoire de leur amour au Moyen Âge, ainsi que quatre récits dignes des Mille et Une Nuits, et qui peu à peu le ramènent à la vie. Marianne est-elle totalement folle ou bien se peut-il que leurs sentiments aient traversé 700 ans, par-delà le temps ?

Mon avis:

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce livre.

Tout d’abord, je ne m’attendais absolument pas à ce genre de livre quand je l’ai acheté et j’ai été un peu désarçonnée au début. Pour moi il s’agissait juste du combat d’un homme à retrouver la vie après avoir été brûlé mais que nenni.

Les premières pages ont été très dures à lire par leur intensité et j’ai eu beaucoup de mal à le continuer, étant à fleur de peau en ce moment.. J’ai finalement réussi à lire ces passages où il décrit avec précision ce que cela fait d’être brûlé, tout en amenant des touches de son passé qui rendent plus légères la lecture.
J’ai tout de suite été embarquée dans cet ouvrage bien que je ne me suis pas attaché à ce personnage, ne le trouvant pas suffisamment humain, surtout dans ses ressentis. Il m’a manqué tout au long de ce livre, beaucoup plus de détails pour entrer dans la psychologie du personnage.

Page 78, là tout bascule! Entre en jeu, Marianne, personnage jugé fou, tantôt schizophrène, tantôt maniaco-dépressif, racontant des histoires qui peuvent paraître sans queue ni tête et incohérentes les unes par rapport aux autres.
Malgré cela, j’ai adoré ces flash-back en arrière, les préférant presque à l’histoire dans le présent que j’ai trouvé bien plate. L’histoire de leur rencontre des siècles plus tôt a été des plus touchantes. J’ai été embarquée, restant dans le « suspense » sans trop savoir ce qui leur est arrivé et pourquoi ils en sont là de nos jours. Au final, je n’ai pas été déçue.

L’histoire d’amour naissante entre les deux protagonistes m’a parut trop superficielle sur la fin. Les débuts sont touchants tant qu’il est à l’hôpital mais par la suite, je l’ai trouvé presque inexistante et pas suffisamment explicité. Cela est sûrement dû au fait que le narrateur n’est pas un homme romantique qui n’extériorise pas ses sentiments, mais quand même!!

J’ai été subjuguée en tous les cas par le personnage de Marianne, avec sa logique personnelle et ses « délires » et j’aurais aimé en savoir plus sur elle. J’ai plein de questions qui ne trouvent pas réponse et cela est dommage.

Les autres personnages sont bien amenés et trouvent chacun leur place bien définie. Ils apportent tous un petit quelque chose à l’histoire et sont essentiels malgré leur effacement.

La fin m’a laissée sur ma faim, justement. Je la trouve presque trop simple, sans suffisamment d’explications, nous laissant dans le doute.

Malgré tout cela, j’ai été prise dans l’histoire, ou plutôt les différentes histoires et j’ai adoré ce livre. Je le trouve juste pas assez abouti, ayant nécessité je pense de plus de détails à certains moments (sauf ceux où ils parlent de nourriture, là il y avait tout ce qu’il fallait, même plus encore!!!), surtout sur la complexité de la relation des deux protagonistes.

Je ne le recommande pas forcément, car il est vrai que c’est un livre assez spécial sur le fond mais je ne le déconseille pas non plus.

8,5/10

« L’amour en minuscules » de Francesc Miralles

« L’amour en minuscules » de Francesc Miralles.

Le résumé:

Samuel de Juan est un professeur d’allemand solitaire qui aime se réfugier dans la littérature et la musique classique. De sa bulle, il ne s’échappe que pour donner ses cours à l’université. Mais au lendemain d’un réveillon du nouvel an, la visite inattendue d’un chat vient bouleverser ses habitudes. En rapportant le félin à son voisin, Samuel fait la connaissance de Titus, un vieux rédacteur bourru. Le premier domino vient de basculer entraînant dans sa chute un second… Car cette première rencontre est annonciatrice de bien d’autres tout aussi surprenantes. Bientôt, Samuel croise le chemin d’un savant lunatique et celui d’une belle femme mystérieuse. Sa petite vie paisible se mue alors en une véritable aventure initiatique.

Mon avis:

« L’amour en minsucules », le titre a accroché mon regard quand il s’est posé dessus au détour d’un rayon. Plein de promesses, je crois que j’ai acheté ce livre, rien que pour son titre et pour sa couverture, simple et sans fioritures, comportant juste un chat. La simplicité qui en ressortait m’a séduite et me voilà embarquée dans la vie de Samuel de Juan.

Ce livre a été un véritable bonheur à lire!
L’écriture était simple, sachant m’entraîner sans que je ne m’en rende compte, pour mon plus grand plaisir évidemment. Des chapitres courts qui se succèdent parfaitement bien, avec des titres amusants et divertissants, amenant le sujet du dit chapitre. Un style fluide, bref, tout ce que j’aime en lisant un livre.

L’histoire quant à elle est mignonne comme tout. Mignon, c’est le mot qui me revient chaque fois que je pense à ce livre.
Nous nous retrouvons plongé dans la vie de ce prof d’allemand vivant en Espagne qui est solitaire dans sa vie mais qui va devoir s’ouvrir au monde. Et tout cela grâce à un chat à qui il donne à boire du lait!! La vie ne tient qu’à des détails et c’est ce que nous montre l’auteur à travers cet ouvrage.
De fil en aiguille, Samuel va rencontrer différents personnages qui vont tous avoir une incidence sur sa vie personnelle, de son voisin du dessus, à la vétérinaire en passant par le client du café qui ne reste sur place que dix-sept minutes précisément. Le savant fou également joue son rôle ainsi que cette fille splendide connue par notre héros dans son enfance.

Les péripéties vont s’enchaîner les unes après les autres, simplement, comme ce qui nous arrive à nous dans la vie de tous les jours, surtout si on a un savant fou dans nos connaissances! De fil en aiguille, Samuel va s’ouvrir aux autres pour le plus grand plaisir des lecteurs qui s’est attaché à ce personnage singulier.

Dans ce livre, de nombreuses références sont faites sur des écrivains allemands, des descriptions que j’aurai pu trouver longue et inintéressante, comme bien souvent dans les livres quand ça n’apporte rien à l’histoire. Mais pas cette fois-ci! Je n’ai pas éprouvé de longueurs, au contraire. Ce livre reste rythmé et amène de nombreux sourires.

Résultat, un très bon moment de lecture, un livre mignon comme tout, sans prise de tête avec un « héros » attachant. Je le recommande pour ceux qui aiment ces lectures simples Wink

« Mémoires d’une catin », Francesca Petrizzo

« Mémoires d’une catin » de Francesca Petrizzo

Résumé :

« La catin. C’est ainsi qu’ils m’appellent. La catin. Ils murmurent ce mot derrière mon dos, mais je les entends. Ils disent aussi que j’étais la plus belle femme du monde, inventent des légendes et composent des poèmes sur ma vie. Ce ne sont que des légendes. Car ils n’y étaient pas. Moi, j’y étais. »

Et si la belle Hélène racontait elle-même son histoire…

Hélène de Troie, ou l’archétype de toutes les femmes, qui, depuis des millénaires, ont choisi de suivre les élans de leur coeur plutôt que les exigences de la raison d’Etat. Prisonnière de sa propre beauté – et des ambitions politiques de son père – Hélène tente néanmoins d’assouvir sa soif d’amour. Mais le Destin en décide autrement, et décrète qu’on la considérera à jamais comme une femme infidèle et traîtresse. Une catin…

Dans la lignée des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, poignant et poétique, ce roman magnifique et inoubliable retrace le parcours de la plus fatale des héroïnes de l’Antiquité.

Mon avis:

C’est un magnifique ouvrage très bien écrit, qui se lit très facilement et nous entraîne aux côtés d’Hélène, dans un premier temps de Sparte puis de Troie.

Dans les tous premiers chapitres, je me suis demandée ce que j’étais en train de lire, je n’ai pas apprécié Hélène petite; tout bêtement, je pense, parce que je ne voulais pas la voir comme une personne fragile et malheureuse. Ce n’est tout simplement pas de la sorte que j’avais imaginé la vie de cette célèbre Hélène!

Au fur et à mesure des pages, je me suis attachée à cette personne qui s’est révélée bien plus forte qu’elle ne le paraissait au départ. J’ai évolué à ses côtés, vécu les mêmes peines, connu ses peurs, découvert ses premiers émois, me suis perdue en même temps qu’elle. Nombreuses vies se sont offertes à elle, toutes différentes mais menant au même endroit, la tristesse, la peine, la mort surtout. J’ai été impressionnée de ce petit bout de femme (si je peux me permettre) qui s’est transformée en pierre pour ne plus souffrir, s’est enfermée dans cette carapace qui s’est de nombreuses fois fissurée pour la toucher.

Auprès d’elle, j’ai rencontré des figures qui avaient déjà croisé mon chemin mais jamais vu de cette façon là. Mes yeux ont croisé Ménélas, Achille, Diomède, Enée, Hector, Pâris, Priam… Tant de personnages connus, racontés par d’autres qui prennent une nouvelle vie sous les yeux d’Hélène.
Certains sont devenus des amants, des amours mais tous ont marqué la vie d’Hélène d’une certaine façon, la faisant évoluer malgré tout.
Les femmes ne sont pas en reste et je dirais que quatre de ces femmes ont fait d’Hélène celle qu’elle est à la fin du livre. Sa mère et sa soeur, son esclave Callistra et la soeur d’Hector et Pâris: Cassandre.

Un très bel ouvrage avec un style fluide et plaisant à lire, sans lourdeur, sans fausse note, avec juste ce qu’il faut, là où il faut. Il n’est pas loin d’être un coup de coeur et le plaisir que j’ai pris à le lire est très très grand. Bien évidemment, les larmes n’ont cessé de couler à la fin et il est difficile de dire, une fois la dernière page tournée si Hélène a été heureuse dans sa vie. Trop d’épreuves ont traversé sa route, l’empêchant d’avancer comme il l’aurait fallu; bien évidemment, chacune de ces épreuves l’ont rendu plus forte mais à quel prix?!

Le titre m’a laissée songeuse et tout le long du livre, je me suis demandée si Hélène était véritablement une catin. Selon les différents dictionnaires, une catin est une femme qui se livre à la prostitution pour gagner de l’argent. Hélène ne voulait pas gagner de l’argent mais simplement être heureuse, est-ce un mal? Pour ma part, je ne pense pas qu’elle soit une catin mais après, je pense à chacun la liberté de se faire son avis. En tous les cas, le terme revient dans l’ouvrage avec une violence mesurée qui laisse songeur, je dois l’avouer.

Si je devais le noter, je crois que cet ouvrage se verrait attribuer la note de 9/10.

Je le recommande bien volontiers à tous les amateurs de cette histoire de la guerre de Troie et aux autres! Très bel ouvrage!

Les années d’innocence, Frankie Ventana

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Les années d’innocence, Frankie Ventana. 

Editions Kyklos
100 pages
ISBN: 978-2-918406-08-2
Quatrième de couverture.
Ils sont trois amis d’enfance. Trois artistes qui posent un regard farouche sur la vie. Trente ans d’amitié et un ultime rendez-vous à Amsterdam qui les cueille au moment le plus fragile de leur existence.

L’auteur nous livre ses interrogations pêle-mêle sur les choix que l’on s’impose, l’expérience de vie et de mort, les souvenirs et la culpabilité qui va avec…

Ce récit, s’il révèle les émotions obscurcies d’une génération consciente de son éclatement, demeure avant tout un hymne à la vie que nous soyons combattants acharnés ou simples observateurs…
Mon avis.

Il me faut dans un premier temps, remercier le forum PartageLecture, surtout Thot et les modérateurs pour la confiance qu’ils me font; et bien entendu, je remercie les Editions Kyklos pour ce deuxième partenariat à leurs côtés, qui m’ont permis de découvrir un nouvel auteur, un nouveau livre et de nouvelles émotions.

Que dire de ce livre qui m’a emportée dans son monde dès les premiers mots lus?
Le style d’écriture est des plus plaisants à lire, un style fluide malgré les phrases un peu longues qui donnent un rythme au récit, parfois un peu de confusion, allant parfaitement avec le style et l’histoire qui se déroule. J’ai pris énormément de plaisir à lire cet ouvrage et les chapitres ont été dévorés avec rapidité et délice.

Une histoire émouvante qui m’a amenée des larmes à plusieurs reprises, des instants de vie heureux, un peu moins parfois mais les souvenirs évoqués au milieu du présent ne peuvent laisser insensible. Le récit à la première personne m’a permis de me fondre dans les pensés de la femme du trio, un peu chaotiques, passant du présent au passé sans crier garde. A travers ses yeux, j’ai découvert deux personnalités distinctes qui ont partagé son existence depuis trente ans, une magnifique histoire d’amitié au fil des ans.
Paul, Sam, les deux garçons qui l’ont recueillie alors qu’ils n’avaient que 10 ans, qu’ils l’ont acceptée et au final, un trio inséparable malgré les ans et malgré l’éloignement ils retournent toujours les uns vers les autres.

Derrière la beauté de cette amitié, se cachent des sentiments plus intenses, moins jolis, quelques rancoeurs, des vérités qui menacent d’éclater au cours de ce récit.
Egalement, il y a cette sournoise qui se dissimule partout et s’attaquer à l’un d’entre eux, témoignage d’un passé que pour ma part, je n’ai que pas connu, trop jeune (ceux qui liront le livre, comprendront de quoi je parle). Un bel hommage.
A côté de cette histoire, il y a la présentation du livre, les images qui ponctuent les chapitres, mettent leurs ombres, à juste titre, sur ce récit, nous bercent dans une ambiance un peu inquiétante, triste quelque peu, mélancolique sûrement.
J’ai adoré ce livre, l’évolution de l’histoire au cours de laquelle, les retours en arrière sont omniprésents. Les trois personnalités présentes sont attachantes certes mais amènent d’autres sentiments, comme la compassion, la pitié presque à certains moments. Un récit qui amène des larmes mais également quelques sourires, qui nous fait prendre consciance de la fragilité des instants qui passent, que la mort est omniprésente et qu’il faut savourer chaque moment qui nous est offert.

Une révélation, un coup de coeur, un plaisir que je ne me lasserai pas de relire d’ici quelques jours pour encore plus m’imprégner de ce récit délicieux et douloureux.

Des félicitations à l’auteur mais également des remerciements face à tout ce qu’elle m’a apportée en l’espace de quelques minutes de lecture envoûtante.

Mon avis est peut être un peu chaotique, mis à chaud pour ne rien perdre de la saveur de ce livre que je n’ai peut être pas réussi à retranscrire à juste titre. Je conseille en tout cas ce livre, un bonheur  :heart:

La bataille des forts, Guillaume Gonzales

La Bataille des Forts 

La bataille des Forts, Guillame Gonzales

 

Editions Kyklos

292 pages

ISBN: 978-2-918406-06-8

 

Quatrième de couverture.

Quel rapport peut-il bien y avoir entre un dessinateur de comics, une devineresse indienne, un patient atteint d’hypermnésie et un tueur aux desseins mythologiques ? En apparence aucun… Si ce n’est que lorsque Cassandre, la prophétesse, annonce à Arthur White, l’auteur de La bataille des forts, que sa fille Jenny court un grand danger, et que celle-ci se fait assassiner peu après, le dessinateur plonge dans les abîmes de la dépression. Interné, il fait la rencontre de Pharos Narrow, un patient dépassé par sa mémoire infaillible qui, touché par la douleur de son nouvel ami, va déployer l’étendue de ses facultés mentales pour retrouver l’assassin. Tandis que l’insaisissable Allan Nero, héros de sa propre odyssée, poursuit son macabre périple à travers les États-Unis, il ne se doute pas que le trio va se lancer dans un jeu de pistes et stopper son voyage.

Polar à la poésie froide et sombre, La bataille des forts renouvelle le genre du roman noir.

Mon avis.

Je remercie dans un premier temps les Editions Kyklos et le forum PartageLecture pour m’avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

Ce livre est écrit dans un style que je n’ai l’habitude de cotoyer, de nombreuses figures de styles et des tournures de phrases qui ont été dans un premier temps déroutante et après avoir passé les premiers chapitres à relire certains passages pour être sûre de les comprendre, je me suis immergée dans cette lecture qui s’est révélée très agréable.

Les chapitres sont de longueurs très inégales suivant quel personnage nous suivons et à quel moment de l’histoire nous en sommes, donnant un rythme fort agréable à cette lecture. Malgré des chapitres un peu longs, des coupures sont présentes régulièrement ce qui permet de souffler et de mieux apprécier les péripéties des personnages.

Les personnages, ensemble hétéroclite qui n’ont à priori aucun rapport comme le dit la quatrième de couverture, vont se croiser et évoluer les uns par rapport aux autres, donnant place à l’intrigue.

Le personnage qui a le plus retenue mon attention est Pharos, personne incomprise des autres à cause de son hypermnésie qui au final s’est enfermé dans un hôpital psychiatrique pour ne pas se perdre dans l’humanité qui le refuse. Il a un côté attachant par toutes les actions qu’il va mettre en place pour aider Arthur, l’auteur d’une série de bandes dessinées qu’il apprécie. C’est une volonté presque obsessionnelle qui le pousse à rechercher le meurtrier de la fille de celui qu’il considère comme son ami. On découvre au fur et à mesure des pages son histoire et son passé, nous permettant de mieux le comprendre et de plus encore à s’attacher à celui qui a réussi à s’en sortir grâce à son don hors de commun.
Bien entendu, il n’a pas que des qualités, et à certains moments de l’histoire, il peut passer comme énervant face à cette obsession qui ne le quitte plus et qui le fait raviver des souvenirs qui ne souhaiteraient pas se voir sur le devant de la scène.

Arthur est un personnage que j’ai eu du mal à cerner, héros normalement de cette histoire, tout tournant autour de lui, je l’ai trouvé trop effacé, peut être un fait volontaire du à sa condition de dessinateur, vivant dans un autre monde, un autre temps. J’ai trouvé également sa remontée un peu rapide mais l’histoire fait souvent des bonds en avant, sûrement l’explication de cette impression.

Cassandre, la devineresse indienne au final n’a que très peu sa place dans l’histoire et j’ai trouvé cela bien dommage malgré le fait que sa description m’est laissée très songeuse. Je pense que c’est un personnage qui pourrait devenir principal dans un autre livre, une suite pourquoi pas à ce livre. Cassandre est très prometteuse, et j’espère qu’elle sera exploiter à sa juste valeur.

Allan, le tueur psychopathe dans toute sa splendeur qui réalise les crimes sans se rendre compte du mal qu’il fait, étant simplement possédé par le but de ses actes, le fait de se rapprocher des dieux. Un premier meurtre non prémédité et voilà que son esprit fragile s’y complait et la machine infernale est enclenchée.
J’ai aimé lire ce qu’il écrivait dans son journal, ce qui nous rapprochait encore plus de lui et de son mode de pensée qui aurait pu être plus exploité mais qui laisse le lecteur dans son imaginaire propre, ce que j’aime dans les livres.

L’histoire est divisé en deux parties, la première composée des meurtres, de la descente aux enfers d’Arthur et des premières enquêtes jusqu’à un bond dans le temps pour la deuxième partie, beaucoup plus calme.
Le style est un peu décousu, les différentes péripéties des personnages se trouvant les unes à la suite des autres sans réel lien au départ avant que tout se mette en place et que chacun apporte sa pierre à l’édifice de l’histoire finale. Même le personnage qui pourrait paraître le plus inutile trouve son intérêt et intervient dans cette histoire d’une manière ou d’une autre.

La fin m’a fait sourire, peu conventionnelle bien qu’un peu attendue par les différentes actions s’étant mises en place juste avant. Peut être même est-elle trop rapide à mes yeux de lectrice mais la laissant de la sorte permet de faire marcher une nouvelle fois notre imagination.

J’ai beaucoup aimé ce livre, cette histoire et ces personnages peu communs, surtout en ce qui concerne Pharos. Malgré un début un peu chaotique dans la compréhension de mon côté, j’ai vraiment apprécié le style de l’auteur et j’espère pouvoir lire un autre livre de lui et pourquoi pas la suite de « La bataille des Forts ».
Ce n’est pas un véritable coup de coeur mais un véritable plaisir à l’avoir lu I love you

Le clan des Otoris, David Hearn

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Le Clan des Otoris, de David Hearn.

Editions Gallimard
XIV siècle, Japon féodal

Un mot sur l’auteur.

Lian Hearn, diplômée de lettres à l’université d’Oxford, a travaillé comme critique de cinéma et éditeur d’art à Londres avant de s’installer en Australie avec son mari et ses enfants. Son intérêt pour le Japon, l’a conduite à en apprendre la langue, à en découvrir l’histoire et la poésie, et à y effectuer de nombreux voyages.
Les personnages du « Silence du Rossignol » sont nés lors d’un séjour de l’auteur à Akiyoshidai: « C’était un après-midi doux et humide de septembre. La lumière était pâle et opalescente. L’eau ruisselait dans les bassins…
Lentement, le monde des Otori commençait à prendre forme… »

Présentation des Editions Gallimard, présente sur chacun des livres.

 

Livre I. Le Silence du Rossignol
ISBN: 2-07-053803-6
336 pages

Quatrième de couverture.
« Le Silence du Rossignol vous entraîne dans une quête épique au coeur d’un Japon Féodal où se côtoient poésie délicate et terrible violence. Vengeance, traîtrise, honneur et loyauté, beauté, amour fou….
Derrière les visages impassibles et les codes immuables se cachent des coeurs passionnés et des sentiments farouches. »

Présentation de l’histoire.
Dans sa forteresse d’Inuyama, le Seigneur de Iida Sadamu est protégé par le fameux « parquet du rossignol » qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante dès qu’on l’effleure. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende…

Au XIVè siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit au sein d’une communauté paisible qui condamne la violence. Mais celle-ci est massacrée par les les hommes d’Iida, chef du clan des Tohan. Takeo, sauvé par Sire Shigeru, du clan des Otori, se trouve plongé au coeur des luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre.
Il doit suivre son destin.
Mais qui est-il? Paysan, seigneur ou assassin? D’où tient-il ses dons prodigieux? Lorsqu’il rencontre Kaede, un amour fou naît entre les deux jeunes gens: devra-t-il choisir entre cet amour, sa dévotion à Sire Shigeru et son désir de vengeance?
Sa quête le mènera jusqu’à la forteresse d’Inuyama, lorsqu’il marchera sur le « parquet du rossignol ». Cette nuit-là, le rossignol chantera-t-il?

 

Livre II. Les Neiges de l’Exil
ISBN: 2-07-053804-4
352 pages

Quatrième de couverture.
Alors que tombent les premières neiges, Takeo et Kaede poursuivent leur quête au coeur d’un Japon féodal cruel et magnifique. Leur amour survivra-t-il à la guerre et à la haine, aux alliances promises ou rompues? Une histoire inoubliable où palpite la passion, où sourd la violence, où la beauté saisit tout chose.
« Un très grand livre. » LE MONDE
« Un conte fantastique à la Shogun qui captivera aussi bien les adolescents que les adultes. » LIRE

Présentation de l’histoire.
« La rumeur du Temple de Terayama, la cloche de minuit, les psalmonies des moines se firent plus indistinctives tandis que je suivais les Maîtres Kikuta Kotaro et Muto Kenji sur un sentier isolé… »
Takeo, désormais héritier du puissan clan des Otori, s’est engagé à rejoindre les rangs criminels de la Tribu, reniant ainsi son éducation pacifique, abandonnant ce qui lui revient de droit, territoire, fortune et pouvoir, renonçant aussi à son amour pour Kaede.
Mais la Tribu peut-elle éloigner Takeo de son destin? Le chemin qu’il choisit le conduira au paroxysme du danger, de l’épreuve et du sacrifice, au coeur des montagnes glacées du Pays du Milieu.
Kaede, pion utile dans le jeu des seigneurs de la guerre, devra quant à elle mettre en oeuvre toute son intelligence, sa beauté et sa tenacité pour s’imposer dans le monde des hommes tout-puissant et garder son précieux secrets.

 

Livre III. La Clarté de la Lune
ISBN: 2-07-053805-2
384 pages

Quatrième de couverture.
« Ton domaine s’étendra de la mer à la mer, mais un bain de sang est le prix de la paix.
Tu la conquerras en cinq batailles: quatre victoires et une défaite… »
La prophétie se réalisera-t-elle? Dans la fureur des hommes et le déchaînement des forces de la nature, Takeo et Kaede accomplissent leur grand destin.

Présentation de l’histoire.
« La lune se leva sur la mer paisible, traçant à sa surface un chemin argenté où s’engagea notre flotte. Sa clarté était telle que je distinguais nettement les montagnes se dressant à l’horizon de la côte dont nous nous éloignons. La marée clapotait sous les coques et les voiles claquaient au vent de terre… »
S’il faut en croire la prophétie faite à Takeo, quatre victoires et une défaite l’attendent…
Après son union secrète avec Kaede, à Terayama, ils sont tous deux résolus à lutter pour entrer en possession de leur héritage et de venger Sire Shigeru.
Au terme d’une équipée haletante, ils parvienne tà Maruyama, le domaine de Kaede.
Mais, tandis que Takeo rassemble ses troupes et s’apprête à mener le grand combat, Kaede tombe dans un piège diabolique…
Lorsque enfin la lune se lève sur la dernière et terrible bataille que doit livrer Takeo, l’issue est plus que jamais incertaine…
Les deux héros pourront-ils surmonter tant d’épreuves?

 

Livre IV. Le Vol du Héron
ISBN: 978-2-07-057903-7
624 pages

Quatrième de couverture.
Les années ont passé… Takoe et Kaede font régner la paix sur les Trois Pays. Mais les violences, les haines et les trahisons du passé sont prêtes à resurgir. Le dernier acte de la tragédie est en place.
« Le merveilleux talent de conteuse de Lian Hearn fait de la lecture de ses romans un pur moment de ravissement. » LE MONDE DES LIVRES
« La Trilogie des Otori était déjà une réussite remarquable. Pour notre grand bonheur, cette suite est encore meilleure. » THE INDEPENDANT (Grande-Bretagne).

Présentation de l’histoire.
« Malgré l’excitation de la foule, la cavalière et sa monture semblaient toutes deux complètement détendues. La démarche du cheval était aussi souple que rapide, la jeune fille se tenait très droite et irradiait la sérénité. L’arc et les flèches minuscules de Shigeko provoquèrent des exclamations de surprise qui se changèrent en cris d’admiration… »
Seize ans ont passé depuis que Takeo a retrouvé Kaede, après tant d’épreuves. Ils ont trois filles: l’aînée, la belle Shigeko, promet d’être une héritière digne d’eux, ses cadettes, les jumelles Miki et Maya, ont des talents singuliers. Mais l’harmonie et la prospérité des Trois Pays attirent l’attention de l’empereur, réveillent la convoitise et les haines enfouies. La Tribu n’a pas renoncé à sa vengeance, les étrangers arrivent avec leur religion et leurs armes à feu et le fils caché de Takeo, que la prophétie désigne comme artisan de sa mort, a grandi. Le drame qui se noue va emporter Takeo et les siens dans un terrible ouragan de violence et de souffrance…

 

Livre V. Le Fil du Destin (Sorti en dernier mais se plaçant avec les quatre premiers.)
ISBN: 978-2-07-061568-1
608 pages

Quatrième de couverture.
Voici l’enfance des Otori. L’histoire commence lorsque le jeune Shigeru s’apprête à devenir l’héritier des Otori. De sa vie, faite d’amitiés loyales et d’amours passionnées, mais aussi de complot et de vengeances, dépendra la destinée toute entière du clan.
Comme un regard porté en arrière, « Le fil du Destin » éclaire l’histoire qui va suivre. Il es tout à la fois: le premier et l’ultime livre, – l’accomplissement parfait de la saga créée par Lian Hean.
« Le feu d’artifice littéraire étonne d’abord, bientôt il charme, puis il captive. » LE MAGAZINE LITTERAIRE

Présentation de l’histoire.
« Si elle m’adresse la parole, se dit-il, je m’arrêterai. Si elle se tait, je me contenterai de passer devant elle. Shigeru redescendit le sentier et traversa le ruisseau. En entendant ses pas sur le gravier, elle se retourna. Leurs regards se croisèrent. – Sire Otori?
Au cours des années à venir, elle deviendrait sous ses yeux une femme pleine de sang-froid paisible. Mais en cet instant il eut conscience de son extrême jeunesse…
Il répondit en s’inclinant en silence, et elle reprit d’un ton un peu précipité: – Je suis Maruyama Naomi. »
Sire Shigeru, le jeune héritier du clan des Otori, a l’étoffe d’un chef, un caractère noble et droit, une éducation accomplie qui le portent à régner.
Mais très tôt, il doit faire face à la traîtrise de ses oncles tout autant qu’à la soif de conquête de son voisin, l’ambitieux Iida Sadamu, qui a juré sa perte. Dès lors, la guerre entre les clans est inévitable. Et c’est ainsi que commence l’histoire du Clan des Otori.

 

Mon avis.

Voici des ouvrages que j’ai dévoré et apprécié. Pas fan de base des livres se passant à cette époque, j’ai été transporté par la plume de l’auteur qui m’a fait découvrir un nouveau pays dans un autre temps, délicieux. Des coutumes au paysages, je me suis complètement perdue dans cette histoire passionnante qui m’a entraînée au milieu des guerres de clan, des amours et des trahisons.

Les personnages principaux, nos deux héros, Takeo et Kaede, sont bien construits et ont un caractère propre qui évolue au fil des livres. Touchants, héroïques, ils traversent les épreuves non sans en conserver des marques parfois profondes, les rendant très humains. La complexité de leur caractère, de leurs relations les suivent tout au long de l’histoire et il est difficile de restr indifférent à tout ce qu’ils subissent.
De nombreux personnages se mêlent à tout cela, interviennent, disparaissent, réapparaissent dans des intrigues toujours plus passionnantes. Malgré le nombre, il est facile de s’y retrouver, l’auteur les amenant les uns à tour de rôle, développant tout au long des livres, leurs différentes histoires. A la fin des livres (ou au début) se trouvent également des listes reprenant tous les personnages, et leur statut, aidant encore mieux à la compréhension.

Les différents clans et tribus ont des relations également très complexes et leurs chefs respectifs savent mener leurs « troupes » comme il le faut, au bon moment pour rendre l’intrigue encore plus captivante.
La découverte des pouvoirs de la Tribu est un pur plaisir et donne une autre dimension à l’histoire, très plaisante également. J’ai presque eu pendant un moment, l’envie d’appartenir à cette tribu et d’avoir l’un de leur don également!

Je ne peux pas plus développer, rien que les résumés en dévoilent peut être un peu trop pour ceux ne les ayant pas lu, mais ce sont des livres que j’ai dévoré, un réel plaisir. Une fois que j’ai été dans l’histoire, en ressortir a été très dur, et j’ai vécu pendant plusieurs jours avec Takeo et Kaede à mes côtés.

Je ne peux que conseiller ces livres, même pour ceux qui comme moi n’aiment pas ce genre de récits de base car c’est un délice, la plume de l’auteur sait les rendre vivants et envoûtants.

Pour séparer un peu les cinq livres, j’ai adoré le premier, à mes yeux c’est le meilleur, celui où les personnages apparaissent, que les premières intrigues naissent.
Les trois suivants sont une délicieuse continuité du premier.
Le dernier, comme le disent certaines critiques, est une fin parfaite, introduisant les quatre autres livres et les clôturant par la même occasion, parfaite complexité.

Le compagnon de voyage, de Curzio Malaparte

Le compagnon de voyage 

Le compagnon de voyage, Curzio Malaparte.

 

Editions de la Table Ronde.

 

Quatrième de couverture.

‘Le Compagnon de voyage’ est une fable qui a pour cadre l’Italie de 1943, après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l’armistice. Le nouveau régime, dirigé par le général Badoglio, ne peut contenir des hommes qui, sans ordres, sans chefs, décident de rentrer chez eux tandis que les troupes alliées débarquent sur les côtes du Sud. Au milieu de cette étrange débandade, un soldat bergamesque, Calusia, remonte la Péninsule jusqu’à Naples. Il s’est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié. Honnête paysan, fier de ses origines, Calusia traverse l’Italie en compagnie de l’âne Roméo et d’une jeune fille qu’il a prise sous sa protection. A travers ses rencontres se dessine un portrait du peuple italien, abruti par la faim et la peur, corrompu par la défaite, capable des pires bassesses, mais aussi plein de générosité et de courage.

 

Mon avis.

Dans un premier temps, je remercie les Editions de la Table Ronde et le forum PartageLecture pour m’avoir permis de découvrir ce livre. 

 

L’écriture est simple, sans plus de fioritures qu’il n’est nécessaire, donnant une simplicité à la lecture, permettant au lecteur de mieux entrer dans l’histoire, de s’imprégner de l’ambiance sans s’alourdir d’inutilités.
Les chapitres de longueurs différentes, donnent à l’histoire un rythme appréciable qui suit l’épopée de Calusia, entraînant une cadence au gré des évènements notoires.

J’ai beaucoup apprécié cette facilité de lecture, pas de prise de tête pour comprendre les phrases, tout est à portée, ce qui m’a permis de vraiment m’imprégner de l’histoire et de son atmosphère.
Les descriptions viennent à des moments nécessaires, permettant encore mieux de se fondre dans ce théâtre de sentiments diffus et poignants.

Le « héros » de l’histoire est un personnage imbibé de sa fidélité envers son lieutenant qui va la suivre tout le long de son voyage et expliquer le but de cette entreprise et également ses actes. Il est émouvant dans cette façon de prendre soin du corps de son lieutenant, attachant par ses sentiments humains et humanistes qui en plus d’un guerrier, en font tout simplement un homme.
Ses rencontres vont être marquantes, chacune à sa façon, elles vont laisser leur empreinte sur Calusia, et il n’en ressortira pas indemne mais plus déterminé.

Je me suis beaucoup attachée à ce héros, simple soldat qui se voit soudain confier d’une mission de la plus haute importance et qui va tout faire pour y parvenir. Au fur et à mesure des pages, on vit ses peurs, ses craintes, ses angoisses mais aussi ses moments de quiétude, si peu présents.

La découverte de l’époque, de l’Italie à cette période de la guerre est enrichissante, bien qu’apportant de la peine et de la colère face à tout ce que cela à provoquer chez les civils. Il est intéressant de voir comment tous perdants d’une même guerre, au sein même de ce peuple, se créé une nouvelle guerre, les plus forts l’emportant sur les plus faibles sans détermination.
Cela a toujours été une période émouvante à mes yeux et la découvrir à travers ce pays que je ne connais pas m’a apportée de nouveaux sentiments que je ne saurais pas décrire.
Les femmes tiennent également une place importante dans cette guerre, les plus grandes perdantes n’étant autre qu’elles toutes. A travers les pages, nous découvrons comment chacun à tenter de sauver sa peau et son futur, en fuyant principalement mais également en luttant contre les forts qui tentent d’asseoir leur domination.

L’atmosphère présente est typique de cette période de l’histoire, faite de tristesse, désespoir, fureur de vivre, hypocrisie, chacun tentant de sauver sa peau. L’atmosphère n’est pas fixe au fur et à mesure des pages, évoluant avec l’avancée de Calusia, se chargeant tantôt de peur, tantôt d’électricité.

Les photos présentent au début du livre apporte une dimension encore plus réelle, nous permettant de nous fondre dans ces décors et ces uniformes qui nous sont proposés. J’ai beaucoup aimé voir l’évolution physique de Curzio Malaparte, un trésor qui nous est que trop rarement proposé par les écrivains.
La postface quant à elle, nous permet de mieux comprendre l’histoire du livre, en nous en apprenant plus sur son auteur. Il est plus intéressant qu’elle se trouve à la fin, ne nous empêchant pas de la sorte d’apprécier le roman à sa juste valeur.

Au final, ce livre est tout en pudeur, dévoilant certains aspects de cette guerre en Italie, sans toutefois trop entrer dans les détails qui ne sont pas forcément utiles autrement que par curiosité malsaine.

Ce qui est sûr c’est que ce livre m’a fait pleurée et qu’il gardera une place importante dans mon esprit, n’étant pas mon style habituel de lecture.

Si je devais émettre un bémol, je dirais que je le trouve peut être trop succint, j’aurais aimé en savoir plus, en connaître plus, me perdre d’autant plus dans les paysages et l’atmosphère de ce voyage incongru; mais malgré cela, j’en garde un excellent souvenir.

Lola, pauvre poupée.

Voici l’histoire d’un des personnages qui a rejoint il y a peu, les nombreuses ombres qui s’accrochent à mes pas. Lola Aredhel, humaine venue se perdre en un royaume de Vampires, enlevée comme tous les autres esclaves.

Ce personnage ne peut être copié, m’appartenant de droit et étant réservé au forum Vampire’s Kingdom.

 

 

~~~~~~

 

C’est une poupée qui fait non, non, non, non
Toute la journée elle fait non, non, non, non
Elle est tellement jolie
Que j’en rêve la nuit.

Tic Tac Tic Tac

Ainsi s’égrènent les minutes de mon existence.

Tic Tac Tic Tac

Résonnance illimité, infinie, entêtante.

Tic Tac Tic Tac

La pendule me nargue de son immobilisme constaté.

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La pièce est grise, des murs au plafond en passant par le sol en pierre dure, une lueur unique filtre d’un rideau poussiéreux, recouvrant un vasistas. La porte est fermée, le verrou tiré, des barreaux empêche toute issue par l’ouverture voilée. Accrochée sur une des cloisons, une pendule ancienne marque le temps qui passe, son cliquetis demeurant le seul bruit audible. Dans un des angles de cette prison, car autre mot ne peut être utilisé, un lit en fer forgé trône pitoyable, les ans l’ayant usé plus que de raison. A moitié avachi, supportant un matelas indigne de cette appellation, une couverture pelucheuse olivâtre le recouvre, seule touche de couleur en cet océan de lividité.

Une forme, repliée sur elle même, se trouve en cet endroit, décalée par rapport à la pièce qui l’abrite. La blondeur de ses cheveux est caractéristique, rappelant un grand champ de blé baigné sous le soleil d’un été chaud et agréable. La rondeur de son visage enfantin aux joues bien rouges est digne des baigneurs plus communément appelés poupées. Ses grands yeux ombrés révèlent un fond de tristesse réelle, cachée derrière la transparence de ses yeux bleus, invitation au voyage. Sa bouche est fermée en une moue adorable, trop figée pour être sincère, ralliant la cause des comédiens, rois de la dissimulation et du paraître. Son corps est couvert de fripes tristes, ornées de dentelles déchirées, lambeaux d’une existence incongrue et inutile.

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Tic Tac Tic Tac

Jamais ne s’arrête le temps qui défile inlassablement.

Tic Tac Tic Tac

Viendra le moment redouté du crépuscule.

Tic Tac Tic Tac

L’heure de la promenade de nuit est arrivée.

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Deux bambins vêtus de riches atours ouvrent la porte de la cellule, se précipitent sur la forme immobile, telle une véritable poupée. La saisissant à deux, ils l’entraînent hors de cette pièce emplie du cauchemar du temps, à travers des couloirs gracieusement décorés. Arrivés dans une pièce où s’entassent jouets multicolores, ils abandonnent un court instant la poupée prêt d’une armoire ornée d’un miroir gigantesque. Leurs cris et leurs rires se répercutent sur les murs rosés de cette salle de jeux, leurs petites voix cristallines se disputant la primeur résonnent joyeusement. La petite fille, Adelaïde gagne sur son frère, Melvin, et se presse autour de la poupée mue d’aucun mouvement, seule sa respiration la fait vivante.

La poussant au sol, elle entreprend de la déshabiller avant de choisir une nouvelle tenue dans l’armoire, hésitant longuement. Son choix fait, elle laisse son frère juge qui tel un homme mature frotte sa barbichette inexistante avant d’acquiescer gravement. La poupée à la peau si claire est alors vêtue d’une robe rose bonbon au dessus d’un collant jaune fluo avant d’être redressée et mise en position assise, face au miroir. Adelaïde entreprend alors de démêler la longue chevelure tant admirée, tant enviée de cette poupée grandeur nature, offerte par leur père chéri. Elle tortille, emmêle, démêle, tresse, sépare, rassemble les mèches blondes, inventant une nouvelle coiffure du haut de son tabouret pour surplomber sa poupée. Assis à quelques pas, Melvin opine fréquemment de la tête pour encourager sa sœur, attendant son tour avec impatience.

Adelaïde et Melvin sont deux jumeaux, figés dans leur sixième année depuis plusieurs décennies déjà, grâce à l’intervention de celui qu’ils nomment Père, Vladimir De Mortillet. Adorables bambins, leur peau est si pâle qu’elle en est presque transparente, contrastant avec le noir de leurs yeux vifs qui se posent avec intelligence sur le monde qui les entoure. De nature machiavélique, ils suivent avec brio la voie ouverte par leur créateur, celle de la manipulation de l’esprit des humains, pauvres créatures si faibles par rapport à eux. Cette jolie poupée en est le premier test, le cobaye qui réagit magnifiquement bien, prouvant l’évolution de l’apprentissage des deux enfants. Son passé a disparu de son esprit tourmenté, elle est désormais persuadée d’être une poupée, sans volonté.

Une cloche retentit au fond de la demeure et les deux jumeaux sont soudain surexcités, plus qu’ils ne pouvaient l’être et s’en vont en courant, abandonnant là, la pauvre poupée. Assise face au miroir, ses yeux clignent pour se reconnaître mais rien n’y fait, elle ne voit qu’une poupée, très jolie certes mais qui demeure le terrain de jeu des enfants. Aucune émotion ne traverses ses grands cils noirs et sa bouche se fige en une moue habituelle que les deux bambins adorent.

~~~~~~

Tic Tac Tic Tac

Et les minutes continuent leur lente litanie.

Tic Tac Tic Tac

Entêtante musique qui s’infiltre en tout endroit.

Tic Tac Tic…

L’infernal s’est tu, le silence est revenu.

~~~~~~

La poupée a quitté sa famille d’adoption, les temps changent, les jouets se démodent et terminent à la benne. C’est en ce lieu qu’elle s’est retrouvée, incapable de se souvenir autre chose que son état de poupée. Retrouvée par hasard, elle termine à l’hôpital mais aucun son ne franchit ses lèvres, aucune cause médicale n’oblige à la garder. Incapable de la rejeter à la rue, c’est dans un asile que son histoire pourrait se finir. Elle se laisse faire, ouvre la bouche afin que ceux qui désirent la nourrissent, ne dit rien quand les soignants l’habillent et la déshabillent. Elle ne dit que deux mots étranges, papa, maman qui dans sa bouche sonnent comme deux mots vides de tous sens, donnant l’impression qu’une personne lui a forcé à apprendre. Les jours se déroulent, mornes et vides, sans sens aucun pour la poupée qui pleure l’absence de ceux qui ont occupé ses soirées.

Le cas médical est incompréhensif et les meilleurs spécialistes se penchent sur son cas. Elle ne correspond à aucune description de disparition de jeunes femmes et personne ne sait d’où elle peut venir et ce qu’elle a vécu. Les traitements différents s’enchaînent mais aucun ne montre un résultat. Face à la magie vampirique, rien ne peut avoir d’effet, à jamais la jeune femme demeurera une poupée dans sa tête. Même les autres patients ne s’intéressent à elle, si insignifiante dans sa blouse d’hôpital blanche, son seul vêtement a été déchiré à son entrée aux urgences et rien n’a pu le remplacer. Elle est triste d’être si mal vêtue, comparée aux parures qu’elle a porté mais aucun mot ne s’échappera de ses lèvres, dévoilant ses sentiments intérieurs.

Gaspard, situation étrange d’un homme se prenant pour un vampire, se rapproche de la jolie poupée, de nuit seulement. Car en journée, il est impossible de trouver Gaspard, enfermé dans la pièce aux murs blancs lui servant de chambre. Traité par de nombreuses pilules miracles sans effet, la journée, il est impossible de le réveiller. Il n’est réellement vampire, son coeur battant la chamade et ses joues roses le trahissant aisément mais il ne faut le contredire. De nombreuses fois, il est venu dans les chambres de ses compagnons de galère, mordant leur cou innocent, déclenchant des hurlements à faire dresser les cheveux de toute personne présente. Enfermé de nuit dans sa chambre, il trouve encore le moyen de s’échapper dès que le soleil s’efface à l’horizon, laissant place à la nuit, son meilleur refuge.

Il naît une amitié incompréhensible et inattendue entre les deux jeunes gens qui deviennent inséparables la nuit. La poupée n’émet toujours aucun mot mais supporte la présence de Gaspard, un sourire apparaissant par moment sur ses lèvres trop souvent figées. Lui converse seul, lui racontant des histoires de ce peuple qu’il croit imaginaire, qu’elle a côtoyé plusieurs années durant. Elle revit à ses côtés, ces souvenirs perdus qui seuls la constituent, aucun autre ne se manifestant à sa mémoire. C’est en sa présence que ses premières larmes ont été versé, l’absence des deux bambins, ses propriétaires, se faisant cruellement sentir, n’ayant connu qu’eux. La sensation d’abandon est forte mais avec les contes de Gaspard, elle revit doucement, persuadée qu’un jour, elle les retrouverait. Gaspard, patient, ne cesse de parler, emplissant de sa voix rauque les couloirs mornes de cet asile d’oubliés.

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Tic Tac Tic Tac

L’entêtant est revenu, inlassablement.

Tic Tac Tic Tac

Ne cessent cet éternel et infernal refrain.

Tic Tac Tic Tac

Le temps, notion abstraite, s’écoule encore.

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Tout change, tout s’arrange, tout dérange. Il est arrivé, soignant ne venant que de nuit, veiller sur ceux nommés les fous qui errent en ce lieu. D’une pâleur immortelle, ses yeux d’un noir intenses, il a tout pour rappeler ce mythe que ne cesse de conter Gaspard. Le duo improbable se rapproche de cet homme énigmatique, froid par moment, chaleureux à l’excès dans d’autres. Il représente un espoir pour les deux jeunes fous, l’un de connaître enfin un de ses comparses, l’autre de retrouver ceux qui lui manquent tellement. Les nuits se suivent, une amitié se tissent entre ce trio silencieux, aucun mot n’aidant à ce qu’ils se comprennent. Un regard, un sourire et le flot incessant de paroles de Gaspard qui a trouvé deux interlocuteurs silencieux et inlassables. Parfois le soignant corrige de quelques mots les histoires mystiques de l’humain sous le regard vide de la jolie poupée et celui admiratif du conteur. Le temps s’arrête, délicieusement pour une fois.

Un soir tout dérape, l’impossible se produit et la jolie poupée perd un de ses repères essentiels. Gaspard est retrouvé sans vie sur son lit, perdu dans la blancheur des draps, seules deux gouttes de sang séché à son cou donnent à cette scène un peu de couleur. Le nouveau soignant est là, il a découvert le corps inanimé et sa langue ne cesse de nettoyer ses lèvres comme mue d’une culpabilité visible. La poupée comprend ce qu’il s’est passé, elle a déjà vu les deux bambins tuer des humains, ne leur laissant que deux petites marques dans le cou. Mort inexpliquée, la vie continue en cet asile où rien n’a d’importance mais la poupée se renferme plus sur elle, évitant même le meurtrier. Gaspard avait été son nouveau pilier, elle n’avait de nouveau plus personne, se retrouvant seule et perdue, poupée abandonnée.

Les nuits ne se ressemblent guère dans cet asile où rien n’est identique à la vie à l’extérieur de ces murs lugubres. Le nouveau soignant portant le nom de Zalviro disparut au beau milieu de son service, emportant avec lui la poupée désarticulée. Dans un endroit inconnu de tous il l’amène, elle devient sa marionnette attitrée contre son gré mais par habitude, elle ne peut se rebeller. A la place de deux bambins, elle se retrouve aux mains d’un homme qui se dit être son maître. La douceur enfantine est remplacée par la violence d’un être sans scrupules qui, lisant dans les pensés vides de la poupée, se sert d’elle, abusant de sa naïveté. La chambre grise lui manque, vivant désormais dans un lieu sanglant où le rouge est la couleur primaire et unique. Le temps se passe inlassablement, l’horreur augmentant nuit après nuit dans d’effroyables violences qu’elle ne peut repousser, ne connaissant la défense.

~~~~~~

Tic Tac Tic Tac

Et la mort se laisse attendre.

Tic Tac Tic Tac

Le temps se joue de ses nerfs éreintés.

Tic Tac Tic Tac

Et la fin se présente enfin, inattendue.

~~~~~~

Une nuit, il a disparu abandonnant la jolie poupée à son triste sort, une nouvelle fois elle se retrouve esseulée. Sans personne, elle ne sait comment se débrouiller en cette terre hostile, en ce royaume ennemi. Comme elle s’était retrouvée à la benne, elle se retrouve désormais dans une cellule, attendant un nouveau propriétaire. Elle ne sait où est passé celui qui a tué Gaspard mais elle ne veut le savoir, son esprit est trop vide pour chercher pareille information. Dans cette pièce grise, elle revit les heures d’attente, ne sachant quand viendra le moment de la promenade du soir. Mais elle oublie que les bambins ne viendront plus la chercher, ils ne voulaient plus d’elle, un autre se présentera. Toute sa vie elle demeurera une poupée vide de pensés. Et les heures continuent de défiler tantôt lentement, tantôt plus rapides mais elles demeurent infernales.

C’est une poupée qui fait non, non, non, non
Toute la journée elle fait non, non, non, non
Personne ne lui a jamais appris
Qu’on pouvait dire oui.

Publié dans : Mes ecrits | le 6 avril, 2010 |Pas de Commentaires »